On peut se tromper au sujet de l’usage des instruments de musique mécaniques — ci-après simplement appelés « instruments de musique » — dans l’Église, et demeurer néanmoins un chrétien authentique. Voici cependant huit points concernant les instruments de musique mécaniques. Avec lesquels êtes-vous en désaccord ?
1. Certaines pratiques cultuelles de l’Ancien Testament sont
Caduques : les sacrifices d’animaux, les offrandes de céréales, l’obligation d’observer les fêtes juives.
Maintenues aujourd’hui : la prière, le chant, la station debout pendant le culte et les battements de mains.
2. En dehors du culte, les instruments de musique pouvaient servir à des fins
Bonnes : David apaisant Saül (1 S 16.16,23), ou la sonnerie du cor pour rassembler les soldats, en 1 Corinthiens 14.7-9.
Mauvaises : les festins arrosés de vin (Ésaïe 5.11-12)
La musique — vocale ou instrumentale — peut elle-même devenir une idole.
3. Dans le culte antérieur à la venue du Christ, les instruments de musique pouvaient être
Mauvais : un culte hypocrite (Amos 5.21-23) ou rendu aux idoles (Daniel 3.5,10,15). Le chant lui-même pouvait être mauvais, comme en Exode 32.18. Même dans le culte rendu à Dieu, la musique — instrumentale ou non — pouvait distraire du message ou en amoindrir la portée.
Bons et agréables à Dieu : tambour, rythme, cordes, vents, instruments non identifiés (1 Ch 15.20,28 ; Ha 3.1)
Cuivres et bois : trompettes en Ps 150.3a ; 1 Ch 16.6,42a ; flûtes en Ps 150.4f ; 1 S 10.5
Percussions : tambourin et cymbales en Ps 150.4,5 ; 1 Ch 16.5,42a ; Néhémie 12.27b. Tambour de basque en Exode 15.20 ; 1 S 10.5
Instruments à cordes : 1 S 10.5 ; 18.10 ; Psaumes 4-6 ; 33.2 ; 43.4 ; 49.4 ; 57.8 ; 71.22 ; 81.2 ; 92.3 ; 98.5 ; 108.12 ; 147.7 ; 149.3 ; 150.3b,4b ; 1 Ch 16.5 ; 24.3 ; Né 12.27b ; Ha 3.19
Certains Lévites étaient des musiciens habiles, selon 2 Ch 34.13.
Les suscriptions des Psaumes 4, 5, 6, 54, 55, 61, 67 et 76 renvoient très vraisemblablement à des instruments de musique.
4. Dans le culte céleste, les instruments de musique sont agréables à Dieu.
Les croyants auront des harpes au ciel, selon Apocalypse 5.8 ; 14.1-2 ; 15.2-3. Ce que David et les autres prophètes ont fait pour plaire à Dieu au temps de l’Ancien Testament, ce que les quatre êtres vivants et le peuple de Dieu feront dans le culte céleste, ne saurait déplaire à Dieu aujourd’hui. Dieu lui-même donne des harpes à son peuple afin qu’il le loue, en Apocalypse 15.2. Si votre foi est authentique, vous entendrez des instruments de musique dans l’éternité.
5. Aucun passage de l’Écriture ne déclare que les instruments de musique dans le culte soient mauvais aujourd’hui. Qui donc nous impose la restriction supplémentaire selon laquelle les instruments de musique dans le culte ne sauraient plaire à Dieu de nos jours ? — seulement certaines traditions humaines, en particulier celles des amish, des mennonites et des Églises du Christ.
6. Les instruments de musique dans le culte sont licites aujourd’hui, pour les raisons suivantes :
6a. Aucun argument tiré du silence ne saurait suffire. Un tel argument exclurait également les battements de mains, les chaires (Néhémie 8.4, mais aucune mention dans le Nouveau Testament), les poignées de main, la moquette, la climatisation et le chauffage central dans les lieux de culte. Espérons qu’aucun parent chrétien mal avisé ne dise jamais : « Tu peux écouter toute la musique profane que tu veux, fût-elle aux paroles douteuses, mais que je ne te surprenne pas à écouter de la musique qui glorifie Dieu ! »
6b. Une continuité implicite avec ce qui plaisait à Dieu sous l’Ancien Testament et ce qui lui plaira au ciel. Nul ne saurait établir par l’Écriture que cela ne lui plaît plus désormais, alors que cela lui plaisait autrefois. Il est trompeur d’affirmer que « le Christ n’a jamais dit un mot en faveur de la musique », car le Christ lui-même a montré à Jean qu’il y était favorable lorsqu’il lui a personnellement révélé le livre de l’Apocalypse, en Ap 5.8 ; 14.1-2 ; 15.2-3.
6c. Une continuité explicite avec les Psaumes de l’Ancien Testament. Colossiens 3.16 dit : « par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels ». Or, de nombreux psaumes de l’Ancien Testament étaient chantés avec accompagnement d’instruments de musique. Ps 4.1, 5.1, 6.1, 8.1, 9.1 et 12.1 en sont quelques exemples. Ce verset n’interdit donc aucune de ces deux formes de culte ; il nous y encourage plutôt. Si les membres des Églises du Christ le croyaient véritablement, peut-être pourraient-ils chanter (a cappella) « … je chanterai et je célébrerai de toute mon âme. Réveillez-vous, luth et harpe ! Je réveillerai l’aurore. » (Psaume 108.1-2).
7. Nous ne devons pas être légalistes. Qu’un service de culte comporte ou non des instruments de musique, l’un et l’autre sont licites. L’essentiel est que Dieu soit glorifié, et non la présence ou l’absence d’instruments de musique. Aujourd’hui, nous servons sous le régime nouveau de l’Esprit, et non sous le régime ancien de la lettre (Romains 7.6b).
8. Le souci de rehausser le culte rendu à Dieu doit présider au choix de la musique comme à celui des instruments. Le meilleur style de musique pour un groupe de croyants n’est pas nécessairement le meilleur pour d’autres, et cela n’a rien de répréhensible.
Conclusion : Puisque Dieu n’a jamais prononcé d’interdiction à l’égard des instruments de musique qui lui étaient agréables, puisqu’il existe une continuité avec les croyants de l’Ancien Testament et avec ceux du ciel, et puisque nous ne devons pas être légalistes, n’interdisez pas les instruments de musique dans l’Église. Que tout se fasse néanmoins en vue de l’édification du corps du Christ.
Joignons-nous aux saints d’autrefois et à l’armée des cieux pour louer Dieu de toutes les manières qui lui sont agréables.